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La CGT – Un peu d’histoire – De 1864 à 1945

La Confédération générale du travail (ou CGT) est un syndicat de salariés français créé le 23 septembre 1895 à Limoges. Elle faisait partie des cinq confédérations de syndicats de salariés français considérées, par présomption irréfragable, comme représentatives par l’État avant la réforme de 2008.

Des origines à 1895

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  • 14 novembre 1869: fondation par Eugène Varlin, délégué de l’AIT et président, avec Nathalie Lemel, d’une Société d’Epargne de Crédit Mutuel des Relieurs, de la Fédération Parisienne des Sociétés Ouvrières autour d’une Société de Solidarité des Ouvriers Relieurs de Paris préexistante. C’est le noyau parisien de la future CGT nationale.
  • 1871: La Commune de Paris : Les Parisiens se révoltent contre le pouvoir et élisent une assemblée qui prend le nom de Commune. La répression du gouvernement fait près de trente mille morts. Œuvre sociale de la Commune de Paris : abolition du travail de nuit dans les boulangeries, gestion démocratique des entreprises fermées par le patronat ou travaillant pour la Commune. Apparition du premier mouvement féminin de masse. Instauration de l’école gratuite et laïque.
  • 1871 – 1883: Malgré l’hécatombe militante de 1871, la décennie voit éclater de nombreuses grèves. Un rapport de police dénombre 182 syndicats rassemblant 31 700 adhérents en 1876. Quatre ans plus tard, les chiffres sont respectivement de 478 et 64 000.
  • 1884: Le 21 mars, vote de la loi légalisant les syndicats professionnels ouvriers et patronaux à l’initiative de Waldeck-Rousseau.
  • 1886: Création de la Fédération nationale des syndicats (FNS), d’inspiration guesdiste. Jules Guesde, l’un des socialistes les plus connus et les plus actifs, contribue à la diffusion des idées de Karl Marx en France.
  • 1887: Création de la Bourse du Travail de Paris.

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De 1885 à 1914

  • 1895: Congrès constitutif de la confédération générale du travail CGT à Limoges du 23 au 28 septembre2. Les principaux piliers en sont la fédération du livre et la fédération des cheminots, mais de nombreux métiers restent hors de la CGT. Jusqu’en 1902, l’échelon confédéral reste mal organisé.
  • 1900: Création du journal La Voix du peuple, organe de la CGT.

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  • 1901: Décès de Fernand Pelloutier.
  • 1902: L’année marque l’ouverture d’une nouvelle période dans la vie de la CGT. Au congrès de Montpellier elle parachève son unité. La Fédération des Bourses du travail s’efface en tant que centrale et ses organisations s’intègrent dans la CGT. Cette unité réalisée constitue un pôle d’attraction pour beaucoup d’organisations restées jusque-là dans l’expectative. Le syndicat se structure avec l’action d’hommes comme Victor Griffuelhes et Émile Pouget. La CGT compte alors 100 000 adhérents.
  • 1904: Le Congrès de Bourges adopte la revendication de la journée de 8 heures.
  • 1906: Charte d’Amiens : cette charte adoptée en congrès, donne au syndicalisme confédéral quelques-uns de ses traits spécifiques : la lutte des classes, la lutte quotidienne pour des améliorations immédiates mais aussi la lutte pour la disparition du salariat et du patronat, ainsi que son indépendance vis-à-vis des organisations politiques. Cette Charte est reprise aujourd’hui comme référence par la plupart des syndicats. Lors du congrès, les guesdistes sont mis en minorité par les révolutionnaires et les réformistes. Le congrès rompt également avec la Fédération syndicale internationale.
  • 1907: Adhésion de la Fédération Nationale des Syndicats d’Instituteurs.
  • 1908: La fédération des Mineurs rallie la CGT peu de temps après la grève de Draveil-Villeneuve-Saint-Georges au cours de laquelle de nombreux cadres de la CGT sont arrêtés. Le Congrès de Marseille se tient en octobre 1908, alors qu’un grand nombre de dirigeants cégétistes sont en prison. Une motion vigoureusement antimilitariste est adoptée.

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  • 1909: Victor Griffuelhes démissionne. Durant son court intérim, Louis Niel renoue les liens avec la Fédération syndicale internationale, mais il doit démissionner sous la pression des révolutionnaires. Cette orientation ne sera pas remise en cause par son successeur, Léon Jouhaux, proche des dits révolutionnaires, mais qui saura tracer progressivement sa propre voie.

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  • Le 5 octobre, paraît le premier numéro de la Vie ouvrière, qui se définit comme « syndicaliste Révolutionnaire, antiparlementaire ». La revue est dirigée par Pierre Monatte. C’est l’ancêtre de La Nouvelle Vie ouvrière (NVO) qui est toujours la revue de la CGT.
  • 1910: Bien que demandée au congrès de 1895, la CGT s’oppose à la loi sur les retraites ouvrières et paysannes à son congrès de 1910 par 1049 voix contre 251. Les révolutionnaires veulent abattre l’État, non qu’il soit social. L’âge de la retraite étant fixé à 65 ans quand l’espérance de vie est de 50 ans, la CGT parle de la « retraite des morts ». On critique également sa gestion par capitalisation.
  • 1912: La CGT est la seule confédération syndicale existante en France, elle compte 700 000 adhérents sur un total de 7 millions de salariés. Le 24 novembre, elle tient un congrès extraordinaire sur le thème de l’action préventive contre la guerre.
  • 1913: Constitution du Secrétariat syndical international auquel participe la CGT. Le 25 février, la CGT publie un manifeste anti-militariste.

1914 à 1918

  • 1914: La CGT compte environ 300 000 adhérents. La CGT organise des manifestations syndicales contre la guerre le 27 juillet.
  • Le 31 juillet, Jean Jaurès est assassiné.
  • Le1er août c’est la mobilisation générale et le début de la guerre 14/18.
  • Le 3 août, c’est la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France.
  • Le 4 août, la CGT rallie l’Union sacrée. Lors du CCN de la CGT, tenu du 26 novembre au 5 décembre, seule une minorité se prononce contre la guerre. Pendant les 4 ans de guerre, quelques militants CGT tel Félix Baudy furent fusillés pour l’exemple après avoir été désignés pour motif d’appartenance à la CGT. Du fait de la guerre, des femmes prennent des responsabilités au sein de l’organisation telle Hélène Brion, Madeleine Vernet.
  • 1915: Démission de Pierre Monatte
  • le 3 janvier en protestation contre le ralliement de la CGT à l’Union Sacrée. La guerre fait chuter les effectifs à 50 000 adhérents.
  • 1917: Dans l’année, on compte 696 grèves et 293 810 grévistes en France. Parallèlement, les effectifs remontent à 300 000.
  • Les 6 et 7 novembre c’est la rupture de l’Union sacrée. Au même moment a lieu la Révolution d’Octobre en Russie.

1918 à 1939

  • 1918: Dans l’année on recense 499 grèves et 176 187 grévistes en France et la CGT passe à 600 000 adhérents.
  • 1919:
  • 25 mars: loi sur les conventions collectives.
  • 28 mars: loi supprimant le travail de nuit dans les boulangeries.
  • 23 avril: lois sur la journée de 8 heures.
  • Le 1er mai grève générale de 24 heures marquée par 500 000 manifestants à Paris (1 mort). La CGT passe à un effectif de 1 million et demi d’adhérents. Dans l’année, on compte 2 206 grèves et 1 160 000 grévistes en France. Création de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).
  • 30 avril: Pierre Monatte crée les Comités syndicalistes révolutionnaires.
  • 1920:
  • Le 8 janvier, inauguration du Conseil économique et social (initiative de la CGT).
  • Du 25 au 29 février, la SFIO tient congrès à Strasbourg et se retire de la 2e Internationale.
  • Le 12 mars, vote de la loi relative au droit syndical.
  • Le 1er mai : la CGT décide la grève générale. En 15 jours on compte 1,5 million de grévistes.
  • Le 22 mai, reprise du travail. La grève des cheminots pour la nationalisation des chemins de fer sera un échec. Suite à ce mouvement, la 11e chambre du tribunal correctionnel ordonnera même le 13 janvier 1921 la dissolution de la CGT, sanction qui ne sera jamais appliquée. Contrecoup des échecs (et de certains acquis sociaux ?), les effectifs repassent à 700 000. En mai, la CGT reçoit l’adhésion de la Fédération des employés de l’État.
  • 1921: Au congrès de Tours de la SFIO (1920), scission entre ceux qui souhaitent adhérer à la troisième internationale, acceptant les vingt-et unes conditions de Lénine et ceux qui s’y opposent. Les partisans de l’adhésion, majoritaires, créent la Section Française de l’Internationale Communiste (SFIC). Le congrès de Lille, en juillet, évite la scission dans le syndicat, où majoritaires et minoritaires sont au coude à coude, mais la division est consommée en décembre. Suite à l’exclusion de la Fédération des cheminots, les révolutionnaires quittent la CGT, et créent la CGTU (Confédération générale du travail unitaire), proche du PCF. Naissance du journal Le Peuple, organe officiel de la CGT.
  • 1922: Lors de son premier congrès, du 25 juin au 1er juillet à Saint-Étienne, la CGTU décide de rallier l’Internationale syndicale rouge. Elle combat le taylorisme, alors en plein essor. La CGTU compte alors environ 250 000 membres, nettement moins que l’autre CGT.
  • 1924: Les très minoritaires « syndicalistes révolutionnaires », qui dirigeaient notamment l’union départementale du Rhône, quittent la CGTU et fondent la CGT-SR.
  • 1925: La CGTU revendique deux semaines de congés payés à son congrès de 1925. Pierre Monatte fonde La Révolution prolétarienne, où il appelle à la réunification de la CGT.
  • 1927: Départ de la Fédération des employés de l’État, qui avait adhéré en mai 1920.
  • 1930: Vote définitif de la loi sur les assurances sociales le 30 avril, qui entre en application le 30 juin, après dix années de débats, durant lesquels la CGTU les a dénoncées (assurance privées: pas de répartition, pas d’universalisme, pas d’assurance pour tous, pas de paritarisme, pas de justice) alors que la CGT les a soutenues. Une double cotisation, patronale et salariale, abondée par l’État, obligatoire pour les salariés gagnant plus de 15 000 francs par an, finance ces assurances. Au-delà de la maladie, les assurances sociales couvrent aussi les champs de la vieillesse, de l’invalidité prématurée et du chômage involontaire.
  • Le 30 novembre, mise en place de la « commission des 22 » en vue de la réunification de la CGT : l’échec est patent fin 1932.
  • 1931: Benoît Frachon entre au bureau confédéral de la CGTU. Il remplace Gaston Monmousseau et devient secrétaire général de la CGTU, deux ans plus tard. Progression du chômage, qui atteint déjà 450 000 personnes en 1931, et s’élèvera à 860 000 en 1936.

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  • 1932: après une progression à la fin des années 1920 à 300 000 adhérents, la CGTU retombe à 258 000 en
  • 1932. La CGT connaît une évolution parallèle ; elle compte 490 000 adhérents en 1921 comme en 1933, après avoir eu également une progression éphémère à la fin des années 1920. Dans la période peu revendicative entre 1924 et 1934, environ 50 % des conflits se terminent de manière infructueuse.
  • 1933: L’accession au pouvoir d’Adolf Hitler en Allemagne révèle la faillite de la stratégie de lutte contre la social-démocratie du Komintern.
  • 1934-1935: En riposte à l’émeute du 6 février, un appel à la grève générale « contre le fascisme » à l’initiative de la CGT et de la CGTU pour le 12 février donne lieu à une convergence des deux cortèges place de la Nation.

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  • Le 30 mai, Maurice Thorez donne son aval à un rapprochement des deux CGT.
  • Le 9 octobre débutent des discussions en vue de la réunification, qui aboutiront le 14 juillet 1935 à un programme de Front populaire. Deux congrès séparés simultanés du 24 octobre au 27 octobre donnent leur aval à la réunification. C’est « la base » des salariés syndiqués qui demande la réunification.
  • 1936: Réunification de la CGT et de la CGTU lors du congrès de Toulouse (2 mars-5 mars) ; les confédérés dominent largement la nouvelle CGT. L’adhésion à la FSI est votée par 5 500 mandats contre 2 500. Les unitaires ne contrôlent que sept unions départementales.
  • Le 26 mai, une vague de grèves marquées par des occupations d’usines démarre au Havre et s’étend comme une traînée de poudre partout en France, contrairement aux mouvements infructueux de 1906 et 1919-1920.
  • Le 7 juin sont signés les accords de Matignon, entre la CGT et le patronat (CGPF).
  • Les 11 et 12 juin sont votées les lois sociales sur les conventions collectives, l‘institution de délégués d’atelier, le relèvement des salaires, l’instauration de quinze jours de congés payés et la semaine légale de 40 heures.
  • 1937: La CGT a quadruplé son audience et compte 4 millions d’adhérents. Le rapport de force interne s’est modifié en faveur des ex-unitaires. La Fédération de la métallurgie d’Ambroise Croizat est ainsi passée à 750 000 adhérents. Développement des œuvres sociales gérées par la CGT.
  • 1938: Les accords de Munich suscitent la polémique entre les différentes tendances de la CGT. Ils sont défendus par la tendance Syndicats (20 % de la CGT), dirigée par René Belin, quand les ex-unitaires les dénoncent. Le centre de Léon Jouhaux, Louis Saillant et Robert Bothereau s’allie avec les ex-unitaires (proches ou membres du PCF). Échec de la grève contre les décrets-lois de Paul Reynaud du 12 novembre, « décrets misère » qui instaurent la semaine de six jours, soit la casse des conquêtes du Front Populaire, « fin de la semaine des deux dimanche ». Mal préparée après le congrès de Nantes, la grève de la fin du mois est un échec. 15 000 militants sont licenciés et la CGT perd un quart de ses effectifs, qui restent néanmoins élevés avec 2 millions et demi d’adhérents.

1939 à 1945

  • 1939:
  • Le 23 août, le pacte germano-soviétique entre Ribbentrop et Molotov sème la consternation dans la CGT et exacerbe les tensions contre les communistes.
  • Début de la guerre le 3 septembre.
  • Le 18 septembre, le bureau confédéral de la CGT vote une déclaration excluant les militants qui refusent de condamner le pacte germano-soviétique. Cette décision est approuvée par la commission administrative de la CGT le 25 septembre, ce qui a pour effet d’exclure les communistes de la CGT. Plus de 600 syndicats sont dissous et de nombreux militants et dirigeants exclus sont arrêtés. Ceux qui ne sont pas arrêtés, ni mobilisés, ni assassinés, entreront dans la clandestinité.
  • 1940: La CGT ne compte plus que 500 000 adhérents quand le gouvernement fait voter, peu avant sa chute, les 60 heures de travail par semaine.
  • Le 16 août, le gouvernement de Vichy dissout les centrales syndicales ouvrières et patronales, dont la CGT ; les fédérations peuvent cependant théoriquement continuer leur action.
  • Le 9 octobre, René Belin, devenu ministre collaborateur institue la charte du travail.
  • Le 15 octobre, douze dirigeants syndicalistes, dont trois de la CFTC, rendent public un texte opposé connu comme le Manifeste des Douze. (Maurice BouladouxOreste CapocciFrançois ChevalmeAlbert GazierEugène JaccoudRobert LacostePIerre NeumeyerChristian PineauLouis SaillantGaston TessierVictor BandeletteJules Zirnheld)
  • 1941: Promulgation de la Charte du travail interdisant les grèves et le lock-out le 4 octobre.
  • Dès l’hiver 40/41, parution des premiers journaux clandestins. Développement des « comités populaires » qui organisent les premières luttes revendicatives.
  • Du 26 mai au 9 juin a lieu la grève des mineurs du Nord et du Pas-de-Calais. Intervention des Allemands: 327 arrestations.
  • En octobre: exécution par les Allemands de 88 otages composés majoritairement de militants CGT exclus, dont les 27 de Châteaubriant.
  • 1942: Rencontre entre Léon Jouhaux et Benoît Frachon à Cahors. Jouhaux est arrêté peu après et déporté en Allemagne.
  • 1943: Les Accords du Perreux, signés le 17 avril par Robert Bothereau et Louis Saillant pour les « ex-confédérés » ; Henri Raynaud et André Tollet pour les « ex-unitaires », reconstituent la CGT. La CGT réunifiée participe à la constitution du conseil national de la Résistance (CNR) qui a lieu le 27 mai.
  • 1944:
  • Publication le 15 mars du Programme du CNR (définissant les nationalisations, la Sécurité sociale et les comités d’entreprises) où la CGT est représentée par Louis Saillant.
  • Le 10 août, la Grève des Cheminots de la Région Parisienne se déclenche et s’étend à tous les services publics.
  • Le 15 août, la police parisienne entre dans la grève.
  • Le 18 août, la CGT clandestine appelle à la grève générale pour la Libération.
  • Le lendemain c’est le déclenchement de l’insurrection parisienne, qui prendra fin avec la Libération de Paris
  • le 25 août et l’arrivée du Général de Gaulle.
  • Le 26 août, la CGT s’installe au grand jour dans ses locaux du 213, rue La Fayette : c’est la fin de la clandestinité avec une première réunion de son bureau.
  • Le 8 septembre, son journal, La Vie ouvrière, qui avait paru sous forme de tract pendant l’occupation, reparaît au grand jour. Création de la Confédération générale des cadres (CGC).

 (Suite) La CGT de 1945 à nos jours

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